Episodes

  • Biotechnologies et changements climatiques : d'où vient le blocage politique ?
    Jun 24 2026

    “Et si l’avenir de l’agriculture se jouait à l’intérieur même du génome des plantes ? Dans cet épisode, nous vous emmenons dans un débat scientifique, politique et sociétal brûlant : celui des plantes génétiquement modifiées (PGM) et des nouvelles techniques génomiques (NGT). Sécheresses à répétition, nouveaux ravageurs, maladies émergentes, pression sur les rendements… Face au changement climatique, les biotechnologies végétales sont souvent présentées comme une solution d’avenir. Mais sont-elles vraiment la réponse ? Ou constituent-elles une nouvelle source de dépendance et de controverses ? Pour dépasser les idées reçues, nous donnons la parole à trois experts avec visions contrastées : Un chercheur de INRAE, engagé dans le développement de résistances durables chez le blé grâce au Génome Editing. Un député écologiste et agronome, ancien vice-président de la commission agriculture du Parlement européen, critique des OGM et défenseur de la souveraineté alimentaire. Et une enseignante-chercheuse en amélioration des plantes, qui forme les futurs ingénieurs agronomes et interroge la place réelle des biotechnologies dans la transition agroécologique. Au fil de la discussion, vous découvrirez :

    • Ce qu’est réellement une plante génétiquement modifiée.
    • Pourquoi la mutagénèse est autorisée en Europe… mais pas toujours le CRISPRCas9.
    • Ce que change la décision de la Cour de justice de l’Union européenne en 2018 et les récentes évolutions législatives sur les NGT.
    • Pourquoi le maïs Bt MON 810 reste la seule PGM cultivée dans l’Union européenne, principalement en Espagne et au Portugal. Nous abordons aussi les chiffres souvent cités : augmentation moyenne des rendements, réduction des pesticides, hausse des profits agricoles. Mais à quel prix ? Dépendance aux semenciers ? Brevetabilité du vivant ? Concentration du marché autour de grandes groupes semenciers ? Au-delà des performances agronomiques, une question centrale traverse tout l’épisode : le modèle agricole que nous souhaitons construire. Derrière les débats sur les OGM et les NGT se dessinent deux visions. D’un côté, une agriculture standardisée, reposant sur des variétés homogènes diffusées à grande échelle, intégrées à des marchés mondialisés et à des logiques industrielles. De l’autre, une agriculture fondée sur la diversité génétique, les écotypes locaux, l’adaptation fine aux milieux et une plus grande autonomie des agriculteurs. Vous entendrez des positions parfois opposées. Certains défendent l’idée que la technologie est un outil neutre, dont l’impact dépend essentiellement des objectifs qu’on lui assigne. D’autres considèrent que les OGM et les nouvelles techniques génomiques peuvent accentuer des dynamiques déjà problématiques, notamment en matière de biodiversité ou de concentration économique. Les biotechnologies sont ainsi présentées soit comme un levier pour réduire certains intrants et accélérer le progrès génétique, soit comme un facteur de dépendance supplémentaire dans un système agricole souvent vu comme fragile. L’épisode ne cherche pas à imposer une réponse. Il propose des clés de lecture pour comprendre les mécanismes biologiques à l’oeuvre, les implications économiques liées aux semences et aux brevets, ainsi que les arbitrages politiques qui encadrent ces innovations en Europe. Que vous soyez étudiant en agronomie, professionnel du secteur agricole, citoyen concerné par les enjeux alimentaires ou simplement curieux des débats européens actuels, cet épisode vous apportera quelques repères clairs et nuancés pour décrypter un sujet souvent mal compris.“
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    29 mins
  • L’héritage du grain : qui sèmera demain ?
    Jun 24 2026

    “Toute notre alimentation commence par une semence. Pendant des millénaires, les agriculteurs ont sélectionné leurs plantes, conservé une partie de leur récolte et transmis leurs savoir-faire de génération en génération. Depuis la Seconde Guerre mondiale, l’enjeu de l’autosuffisance alimentaire a conduit à une industrialisation massive; Face à l’homogénéisation des variétés, la standardisation de la production par le modèle industriel, des mouvements paysans se structurent et défendent les semences paysannes : des variétés populations, hétérogènes, évolutives, sélectionnées et adaptées au champ. Au-delà de la technique, il s’agit d’un mouvement social qui revendique autonomie, reconnaissance des savoirs agricoles et capacité d’adaptation face aux défis climatiques et économiques. Accompagnés de Michel Turbet Delof et Mathieu Thomas, chercheurs au CIRAD et spécialiste de la sélection végétale et généticien des popuplations, nous décryptons les mécanismes de cette dépossession : l’uniformisation technique, le verrouillage juridique et l’érosion génétique.

    Comment ces initiatives pour les semences paysannes s’articulent-elles avec le système semencier industriel existant ? Dans ce podcast, nous interrogeons la coexistence possible de ces deux modèles. Entre les nouvelles ouvertures législatives comme le ““matériel hétérogène biologique”” et les initiatives de sélection participative, quel rôle doivent jouer les futurs ingénieurs agronomes pour soutenir une agriculture diversifiée et résiliente.“

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    37 mins
  • Quand la science cultive la dépollution
    Jun 24 2026

    Cet épisode a été créé dans le cadre d’un podcast réalisé par des étudiants de dernière année de cursus d’ingénieur agronome, à l’Institut Agro Montpellier, au sein de la formation d’amélioration des plantes (APIMET). Alors que le podcast évoque les différents domaines d’applications de l’amélioration des plantes, cet épisode se concentre sur l’utilisation et l’amélioration des plantes au service des écosystèmes. Les services écosystémiques se définissent comme les bénéfices que les écosystèmes fournissent au vivant. Au sein de ces écosystèmes, le sol occupe une place cruciale, puisqu’il est le support de la production agricole, d’une partie de la biodiversité et impliqué dans un grand nombre de cycles biogéochimiques intimement liés au climat. Il représente une ressource non renouvelable, aujourd’hui menacée par des pollutions d’origine anthropique. L’agriculture intensive est à l’origine d’une pollution diffuse, à base d’engrais, de pesticides et d’herbicides. Les activités industrielles, quant à elles, polluent localement les sols à base de rejets de déchets, contenant notamment des éléments traces métalliques (ETM), ou métaux lourds, comme l’arsenic, le cadmium, le chrome, le cuivre, le mercure, le nickel, le plomb, le sélénium ou le zinc. Ces derniers perturbent le fonctionnement des sols, en diminuant sa biodiversité végétale et microbienne. Ils sont également toxiques pour la faune et la santé humaine. Pour contrer ces effets néfastes, des techniques de dépollution classiques sont mises en oeuvre, comme l’excavation ou le lavage chimique. Bien qu’efficaces, ces techniques sont coûteuses, énergivores et destructrices pour le sol et pour la biodiversité qu’il abrite. Dans ce contexte, l’utilisation de techniques de dépollution plus durables se présente comme une solution adéquate. Les écosystèmes eux-mêmes regorgent de plantes et de micro-organismes efficaces pour piéger, transformer ou extraire les polluants. Plus particulièrement, on y trouve des plantes dites “hyper-tolérantes” et/ou “hyper-accumulatrices”, qui peuvent tolérer, mais aussi stocker des concentrations élevées de métaux dans leurs tissus. Dans cet épisode, nous allons explorer les différents enjeux liés à l’usage de telles plantes pour dépolluer des sols contaminés, afin de mieux comprendre les leviers et les freins de la diffusion de cette pratique plus durable. Pour cela, nous avons fait appel à quatre experts sur le sujet. Stéphane Ravanel est chercheur au Laboratoire de Physiologie Cellulaire et Végétale du CEA (Commissariat aux Énergies Atomiques et aux Énergies Alternatives) de Grenoble. Il est le chef d’une équipe de 8 personnes : l’équipe Métal Stress, dont l’objectif est de caractériser les mécanismes moléculaires expliquant comment les plantes et les micro-algues peuvent tolérer et accumuler les métaux toxiques. Claude Grison est une chimiste française, directrice de recherches au CNRS et à l’Université de Montpellier. Elle dirige le laboratoire Chimie bio-inspirée et innovations écologiques de Montpellier et détient la médaille de 2014 de l’innovation du CNRS. En 2022, elle est lauréate du Prix de l’inventeur européen, pour ses recherches sur l’utilisation de plantes dépolluantes comme écocatalyseurs. Yann Thomas est cofondateur et gérant de la société Microhumus, un bureau d’étude et d’ingénierie spécialisé dans la gestion des sols dégradés, pionnière en ingénierie pédologique et en gestion des sites et sols pollués par phytomanagement. Diplômé de l’ICN Business School, il est spécialisé en gestion de projet dans son entreprise, constituée d’une équipe de 20 personnes, pour la plupart ingénieurs ou docteurs en sciences. Enfin, Ludovic Vincent, diplômé de l’école d’ingénieur agronome AgroParisTech, est cofondateur de la start-up Biomede, spécialisée dans la phytoremédiation. Les recherches de cette start-up visent à améliorer la qualité des sols au moyen d’un mélange adapté de graines de plantes dépolluantes. Leurs interventions vont nous aider à caractériser ces plantes, à mieux comprendre la sélection d’espèces adaptées et les projets d’amélioration des traits qui leur confèrent de telles capacités, ainsi qu’à identifier des projets déjà existants. La complémentarité des interventions nous a permis d’enrichir notre podcast. Ces plantes se présentent comme une solution prometteuse afin de stabiliser les sols pollués, mais aussi pour extraire et réutiliser des métaux accumulés dans les sols à d’autres fins (phyto-mining). Cet épisode explore donc un sujet novateur en pleine expansion, intimement lié à l’amélioration des plantes et gage d’espoir pour son utilisation au service de la dépollution des écosystèmes.

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    29 mins
  • Blé dur en méditerranée, comment résister à un environnement changeant ?
    Jun 24 2026

    Dans cet épisode de CNOUVEAU, nous nous concentrons sur une culture emblématique de la zone méditerranéenne, le blé dur (Triticum durum) et son avenir. Pour ce faire, Ulrick et Marius, étudiants en APIMET à l’Institut Agro Montpellier ont pu avoir sur le plateau trois experts, à savoir Boris Parent, chargé de recherche en écophysiologie et physiologie végétale, Pierre Roumet ancien chercheur en génétique et Reine Barbare, enseignante chercheuse en science des aliments. Dans une première partie, nous faisons le constat de la culture du blé dur actuelle et du climat méditérannéen dans lequel il pousse. Historiquement implanté sous latitudes méditerranéennes, il semblait naturellement adapté à ces conditions. Pourtant, les variétés modernes ne sont pas toujours plus tolérantes à la sécheresse que le blé tendre. Ce paradoxe s’explique notamment par une offre variétale limitée et un nombre réduit d’acteurs en sélection. Le principal facteur explicatif reste surtout la réduction importante de la diversité génétique depuis la Révolution verte, complexifiant la recherche de nouveaux traits adaptatifs sous- jacents aux enjeux actuels. Nous abordons ensuite le rôle central de la filière. Le blé dur n’est pas interchangeable. Sa structure vitreuse et sa richesse en protéines influencent grandement la production de semoule et de pâtes de qualité. La transformation impose donc un cahier des charges strict, pouvant créer des antagonismes entre rendement, taille du grain et qualité technologique. Le compromis rendement/qualité devient encore plus délicat dans un climat instable. Dans une deuxième partie, nous explorons certaines causes de la stagnation des rendements du blé dur, en analysant notamment les effets physiologiques du changement climatique. Nous nous concentrerons plus particulièrement sur les stress hydrique et thermique. Entre fermeture stomatique, réduction de la photosynthèse et augmentation de la température foliaire, le changement climatique impact le fonctionnement intrinsèque de la plante. Tout cela a des impacts sur les différentes composantes du rendement (nombre d’épis, nombre de grains, poids de mille grains), mais aussi sur la qualité et la teneur en protéines, avec parfois des effets déroutants liés à leur dilution. L’existence du trade-off entre taille du grain/nombre de grains vient aussi exacerber les différences entre qualité et quantité. Désormais, produire plus ne suffit plus. Il faut produire stable, tout en gardant la qualité. Enfin, nous discutons des leviers d’adaptation. Tout d’abord d’un point de vue agronomique avec un potentiel ajustement de la densité de semis ou encore une gestion de la fertilisation azotée, ainsi que d’un point de vue génétique avec la création d’idéotypes adaptés au climat méditéranéen, la mobilisation de la diversité génétique (pre-breeding), notamment à travers l’exploration de variétés locales voir d’apparentés sauvages. Puis, nous soulignons l’intérêt de l’envirotypage et de la sélection locale afin d’adapter les génotypes à des conditions pédoclimatiques spécifiques. Enfin, nous nous interrogeons sur le rôle potentiel des biotechnologies (NGT/OGM), notamment face à des caractères complexes et polygéniques comme la tolérance à la sécheresse. Au final, cet épisode montre que l’avenir du blé dur en Méditerranée ne dépendra pas d’une solution unique, mais d’une approche intégrée combinant agronomie, génétique et coordination de filière.

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    24 mins