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Blé dur en méditerranée, comment résister à un environnement changeant ?

Blé dur en méditerranée, comment résister à un environnement changeant ?

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Dans cet épisode de CNOUVEAU, nous nous concentrons sur une culture emblématique de la zone méditerranéenne, le blé dur (Triticum durum) et son avenir. Pour ce faire, Ulrick et Marius, étudiants en APIMET à l’Institut Agro Montpellier ont pu avoir sur le plateau trois experts, à savoir Boris Parent, chargé de recherche en écophysiologie et physiologie végétale, Pierre Roumet ancien chercheur en génétique et Reine Barbare, enseignante chercheuse en science des aliments. Dans une première partie, nous faisons le constat de la culture du blé dur actuelle et du climat méditérannéen dans lequel il pousse. Historiquement implanté sous latitudes méditerranéennes, il semblait naturellement adapté à ces conditions. Pourtant, les variétés modernes ne sont pas toujours plus tolérantes à la sécheresse que le blé tendre. Ce paradoxe s’explique notamment par une offre variétale limitée et un nombre réduit d’acteurs en sélection. Le principal facteur explicatif reste surtout la réduction importante de la diversité génétique depuis la Révolution verte, complexifiant la recherche de nouveaux traits adaptatifs sous- jacents aux enjeux actuels. Nous abordons ensuite le rôle central de la filière. Le blé dur n’est pas interchangeable. Sa structure vitreuse et sa richesse en protéines influencent grandement la production de semoule et de pâtes de qualité. La transformation impose donc un cahier des charges strict, pouvant créer des antagonismes entre rendement, taille du grain et qualité technologique. Le compromis rendement/qualité devient encore plus délicat dans un climat instable. Dans une deuxième partie, nous explorons certaines causes de la stagnation des rendements du blé dur, en analysant notamment les effets physiologiques du changement climatique. Nous nous concentrerons plus particulièrement sur les stress hydrique et thermique. Entre fermeture stomatique, réduction de la photosynthèse et augmentation de la température foliaire, le changement climatique impact le fonctionnement intrinsèque de la plante. Tout cela a des impacts sur les différentes composantes du rendement (nombre d’épis, nombre de grains, poids de mille grains), mais aussi sur la qualité et la teneur en protéines, avec parfois des effets déroutants liés à leur dilution. L’existence du trade-off entre taille du grain/nombre de grains vient aussi exacerber les différences entre qualité et quantité. Désormais, produire plus ne suffit plus. Il faut produire stable, tout en gardant la qualité. Enfin, nous discutons des leviers d’adaptation. Tout d’abord d’un point de vue agronomique avec un potentiel ajustement de la densité de semis ou encore une gestion de la fertilisation azotée, ainsi que d’un point de vue génétique avec la création d’idéotypes adaptés au climat méditéranéen, la mobilisation de la diversité génétique (pre-breeding), notamment à travers l’exploration de variétés locales voir d’apparentés sauvages. Puis, nous soulignons l’intérêt de l’envirotypage et de la sélection locale afin d’adapter les génotypes à des conditions pédoclimatiques spécifiques. Enfin, nous nous interrogeons sur le rôle potentiel des biotechnologies (NGT/OGM), notamment face à des caractères complexes et polygéniques comme la tolérance à la sécheresse. Au final, cet épisode montre que l’avenir du blé dur en Méditerranée ne dépendra pas d’une solution unique, mais d’une approche intégrée combinant agronomie, génétique et coordination de filière.

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